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 Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]

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MessageSujet: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Dim 22 Fév - 6:54

Je suis seul ? Ce nest qu'une illusion ...
Privé à Abby Reynolds. <3


    Tic. Tac. Tic. Tac.
    Le silence absolu. Que ces petits sons austaires qui résonnaient dans le long couloir jaune, me rappelant que le temps passait et que bientôt, la cloche sonnerait la fin des cours, et les élèves afflueraient, hurlant de rire et bavardant bruyamment. Je ne pouvais m'empêcher de leur en vouloir, à tous ces jeunes adolescents, d'être si insouciants : se rendaient-ils compte que, alors qu'eux s'amusaient à rigoler avec leurs copains et faisaient de véritables drames pour un examen de géo' raté, des gens mourraient dans le monde ? Des femmes, des enfants, des personnes innocentes emportées par différents symptomes, tous plus atroces les uns que les autres. Tous ces jeunots, ils étaient si insouciants ... Quelle tristesse. Si je n'avais pas voulu passer innaperçu, j'aurais sûrement corrigé sèchement chacun de ces petits crétins. Mais comme cet endroit était mon nouveau refuge, je me devais de rester poli et courtois, et surtout de me faire tout petit, car si on venait à apprendre ma véritable identité ... Ainsi, je ne me permettais de fermer le clapet aux jeunes qu'à l'occasion, lorsque le cas était vraiment grave. Sinon, je contrôlais ma mauvaise humeur et me concentrait sur autre-chose pour oublier cette rage qui bouillonnait toujours au fond de moi, et qui menaçait d'éclater à chaque remarque désobligeante. Et s'il fallait que je perde les pédales, j'étais vraiment fichu ...

    Enfin, pour l'instant, j'étais tranquille. Tous les jeunes animorphes étaient en cours, et j'avais la paix. Ma mope couinait tandis que je lavais les carreaux gris, et mes pas résonnaient doucement dans le long corridor. J'aimais le silence. Quand il n'y avait pas un son, alors j'étais plus calme : personne n'était à mes trousses. Personne ne me voulait du mal. J'étais véritablement seul et je pouvais être moi-même. Néanmoins, je restais toujours sur mes gardes, c'était plus fort que moi. Au moindre bruit un tantinet suspect, tous mes muscles se crispaient, et je sentais l'énergie brûlante qui permettait ma transformation bestiale s'agiter au creux de mon ventre. De toute façon, je n'étais jamais vraiment tranquille. Même quand je semblais serein, au fond de moi, j'étais le plus tourmenté des hommes. Les esprits de tous ceux morts par ma faute me hantaient, me tournaient sans cesse autour. Ils s'introduisaient dans mes rêves et viraient mes nuits au cauchemar. Jamais ils ne me laissaient le moindre répit. Même lorsque j'essayais de me faire croire qu'ils n'étaient pas là, que j'étais vraiment seul, je n'arrivais pas à y croire : je les sentais tous non loin, à l'affût, prêts à me faire pleuvoir les malheurs sur la tête dès que je devenais un peu trop confiant. Mais, pour l'instant, je m'en tirais plutôt bien : j'étais employé dans cette école depuis une semaine ou deux maintenant, et il ne m'étais encore rien arrivé. Pourtant, je ne voulais pas trop croire à la possiblité de lumière dans ma sombre vie ; si ça se trouve, j'allais souffrir au final, une fois encore. À force, je m'y étais habitué. Mais malgré tout, ça fait toujours aussi mal. Violent et douloureux comme un coup de poignard en plein coeur.

    Alors que je continuais mon travail de concierge, je finis par tomber sur une photo par terre. Elle avait dû glisser d'un casier. Je me forçâ à ne pas la regarder, car instinctivement je savais que ça me rappelais de douloureux souvenirs. Pourtant je ne pû l'éviter, mes yeux se posèrent une fraction de seconde sur le morceau de papier : et je vis la jolie fille qui souriait, tenant amicalement un garçon par le cou. Je ne me laissa pas le temps de détailler ses traits, mais je vis une chose : ses yeux étaient bleus. Comme ceux de Joëlle.

    Le brasier s'alluma dans ma poitrine, comme chaque fois que je pensais à elle. Joëlle. Et chaque fois que je repensais à elle, je me mettais à la voir partout. J'étais si malade de douleur en ressortant ce vieux souvenir que je me mettais à halluciner. J'entendis sa voix claire résonner très loin, quelque part à ma droite. Je vis son visage dans l'eau crasseuse de mon seau. Je sentis le contact frais de sa main contre la mienne. Je m'arrêta si sec en la sentant si près de moi qu'une gerbe d'eau gicla de mon seau, mais c'était le dernier de mes soucis. Une douleur atroce me tordait le creux du ventre, et je me plia en deux, prennant ma tête entre mes mains, marmonnant d'une voix suppliante. « Joëlle ... S'il te plaît, laisse-moi tranquille ... » Je n'aurais sû dire si elle était vraiment là, tel un fantôme, ou si ce n'était que moi qui l'imaginais, mais j'étais convaincu qu'elle était près de moi. Elle était partagée entre la colère et la douceur. Je plissa les yeux plus forts encore pour m'empêcher de former une image dans ma tête, mais ça ne servit à rien : son visage angélique se dessina dans mon esprit, et je vis sa moue hésitante, ses yeux bleus brillants de larmes, ses poings serrés contre ses hanches ... Il n'y avait qu'un remède à ces crises. Désespérément, je plongea en mon fort intérieur et enclencha le processus de transformation. Une vague brûlante déferla en moi, modela mes muscles, changea mon apparence : et la seconde d'après, j'étais carcajou. Aussitôt, le visage de Joëlle fut remplacé par un vague visage ovale et flou. La douleur se fit beaucoup plus supportable. Comme les animaux éprouvaient des émotions en général moins fortes que celles des humains, j'arrivais à étouffer mon chagrin lorsque je me transformais en carcajou : et mon instinct prenait le dessus. J'arrivais alors facilement à oublier, et lorsque je redevenais humain, je me sentais mieux. Ainsi, désormais dans mon petit corps recouvert de fourrure, je tourna en rond autour de mon sceau, me trempa un peu dans l'eau poisseuse, reniffla les odeurs de la nature par la fenêtre, écouta les bavardages distants qui me parvenaient des classes aux alentours ... Je commençais à me sentir mieux ; mais je prenais du retard sur mes corvées de lavage. Tant pis, j'en subirai les conséquences. De toute façon, j'avais beaucoup de temps à perdre, et même tout mon temps.
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Abby Reynolds
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MessageSujet: Re: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Dim 22 Fév - 23:35

Driing, la sonnerie stridente…


Pourtant ma journée avait plutôt bien commencée. Mon réveil n’avait pas fait un de ses tours malins, celui dont il me faisait le coup tout les matins. Je ne savais pas ce qu’il avait mais il sonnait toujours avec heure d’avance, ce qui était vraiment énervant. Je le mettais à 6h45 et il sonnait à 5h45, ce à le don de me mettre de sale humeur dès le réveil, enfin je passe la dessus. Mais aujourd’hui, il avait sonné à la bonne heure, ce qui me mit encore plus de bonne humeur. J’avais même sauté de mon lit, tout heureuse. Malheureusement, je pensais passer une journée bien tranquille, pensant que le fait que mon réveil ait sonné à la bonne heure était un signe du distant et que la chance allait être de mon coté, eh bah nan. J’ai été plutôt tranquille, jusqu'au dernier cours. Que je vous raconte…
Le cours s’annonçait tout à fait tranquille, un cours de science (chose que je déteste tout simplement). SVT, comme on dit, Science de la Vie et de la Terre, rah le truc barbant. Surtout qu’en ce moment, on voit les cellules, enfin la structure des cellules, tout les machins avec le noyaux et tout le tralala. J’en n’en pouvais plus, c’est alors que l’envie d’embêter le prof pointa le bout de son nez, j’étais tellement de bonne humeur, que je sentais que j’allais trouver ça très amusant. Trouver le moyen de lui prendre la tête mis bien 15 mn a arriver, regardant autour de moi, tous les élèves qui dormaient, bavardaient, suivaient le cours, dessinaient, écrivaient. Moi je ne faisais rien à part réfléchir, faire travailler mes méninges, comment l’embêter en s’amusant ? Le professeur tourna le dos à ses élèves en toute confiance, il regarda son tableau, écrivit mais sa craie lui échappa des mains et se brisa. Déjà qu’elle était très petite, elle se brisa en deux morceau, impossible d’écrire avec ça, il s’excusa alors et alla à l’intendance pour en chercher.
Le prof de science réapparut dans l’entrebâillement de la porte. Il regarda sa classe à peine quelques secondes puis se remit à écrire. Il posa alors une question, demandant ce que contenait une cellule où je ne sais quoi. Sa tête fut formidable, c’est exactement ce que je voulais. Je faisais alors un « yes » glorieux, esquissant un sourire tout à fait heureux et fière de moi. Le prof LE regardait les yeux grands ouverts, comme sa bouche, les bras ballants le long de son corps, limite il allait tomber dans les pommes. Le squelette levait la main, mon bras tenant ses os pour lui faire le geste qui demande l’autorisation de parler. Oui, je mettais emparé du squelette de science qui trônait dans le fond de la salle et je l’avais assis à côté de moi, et maintenant il voulait répondre.
La cloche avait sonné, je vous épargne les détails de la fin du cours. Les élèves étaient tous sortis en courant, ne se soucient guère de mon sort, ayant peur de l’engueulade qui allait suivre sûrement. Moi, j’avais été prié de rester dans la salle, mon sac traînant derrière moi je m’approchais du bureau. La voix du prof’ résonnait dans le couloirs, stridente comme la sonnerie, résonnant par la porte grande ouverte. Je ne baissais pas les yeux, mais je regardant l’homme qui grondait contre moi, mon insolence, mes manières, il me mettais sur le dos mon bavardage, mes nombreuses absences, mes retards, le fait que je ne bosse pas le moins du monde que ce soit en cours ou à la maison. En fait, il me reprochais tout ce qu’il ne supportait pas depuis le début de l’année chez moi, tout ce qu’il avait opter de garder au plus profond de lui pour l’instant. Il finit par me dire.

Pensez à ce que pourriez penser votre famille ? ! »

Il pointa un doigt sur moi et eut un rire ironique.

Vous n’en avez plus, c’est vrai ! »

C’était piquant, méchant, une chose que je n’aurais jamais oser dire à quiconque, même à une personne que je n’aimerais pas. C’était malsain, je mis mon sac sur mon épaules, lui lançais un regard méchant. De quoi voulait-il se venger si méchamment ? D’une seule petite blague que je lui ait faite ? Faisant une petite révérence, je lui demandais si je pouvais disposer. Il cria que je me moquais encore de lui et que je serais collé samedi prochain toute l’après-midi.
Je sortais, me retrouvais dans le couloir, sur le point de pleurer, mais je me contrôlais. Je ne vis pas l’animal plus loin, et glissais sur l’eau éparpiller sur le sceau. Je me retrouvais alors sur le sol dans le couloir. Lançant mon sac devant moi, je laissais mes larmes coulées.

-
Journée horrible !

C’est alors que je vis l’animal. Je ne cherchais pas vraiment à savoir qui c’était, et je posais un regard doux sur lui, la tête légèrement penchée.

-
Salut toi…
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MessageSujet: Re: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Lun 23 Fév - 2:07

    Ça y est, ma tranquillité allait être rompue. La cloche sonna, résonna dans le couloir vide, comme un verdict final, une condamnation à mort. Ils allaient tous arriver, furieusement comme un troupeau de béliers, se jeter les uns sur les autres et faire les imbéciles ; c'était le combat pour décider qui ferait rire les blondasses, les petites pestes dites ' magnifiques ' sous leurs deux tonnes de maquillage. C'était bien ces pauvres filles qui me dégoûtaient le plus dans cette école. Tous savaient le glorieux avenir qui les attendaient, à ces pauvres cruches naïves et sans cervelle, et pourtant si belles et désirables ... J'aurais sans doute dû reprendre ma forme d'homme, mais je n'en avais pas envie le moins du monde ; je me sentais trop bien sous ma chaude fourrure, mon petit coeur qui battait si proche de mes tempes, c'était reposant. Non, j'avais encore beaucoup de temps devant moi, inutile de redevenir l'homme tourmenté que je répugnais tant à être. Je remis donc mon seau en place et le plaça contre le mur à l'aide de mes petites pattes griffues, dans l'espoir que les jeunes ne le renversent pas dans leurs idioties. Une fois me besogne achevée, j'alla me poster sur le rebord de la fenêtre et me coucha sous le soleil pâle d'hiver. Juste à temps d'ailleurs, car déjà une porte de classe s'ouvrait, déversant une marrée d'élèves bruyants dans le corridor. On me portait peu d'attention, et ça me convenait parfaitement ; quand j'étais sous ma forme d'homme, on me jetait des regards bizarres et on me critiquait à voix basse dès que j'avais le dos tourné. Mais quand j'étais carcajou, on ne me reconnaissait pas. J'avais la paix, enfin!

    Ainsi, pendant les quelques minutes de pauses accordées aux élèves entre les cours, je resta bien sagement posté sur le bord de la fenêtre, à observer tous les petits insouciants s'embêter, rigoler ou lire seuls dans un coin. Puis, finalement, lorsqu'il ne restâ plus que quelques minutes avant le début du prochain cours, je constata avec satisfaction que le couloir commençait à se vider ; il ne restait plus qu'une vingtaine de personnes, maintenant, et ils avaient tous la même phrase dans la bouche : « Dépêchons-nous, c'est bientôt l'heure de retourner en cours. » Satisfait, je bondis au sol et me dirigea vers mon seau. Ouais, bien sûr ... Il gisait sur le côté, abandonné, et l'eau maculait désormais le plancher. Je laissa échapper un sifflement mécontent, ce qui me valut quelques coups d'oeil curieux des derniers retardataires, et entrepris de remettre le seau en place. Maintenant, il fallait s'occuper de toute cette eau ... Pfff, je serais obligé de reprendre ma forme humaine. Je m'apprêtais à le faire lorsque j'entendis des pleurs étouffés. Je plaqua aussitôt mes oreilles contre ma tête, mais les gémissements étaient si tristes que je me radoucit sans le vouloir. Bientôt, une jeune fille tourna le coin. Elle était seule et pleurait tout bas, tête basse. Même si je ne portais pas les adolescents dans mon coeur, je détestais les voir pleurer. Celle-ci tout particulièrement braillait de détresse en silence, si puissament que je sentis un malaise me tordre le ventre. Les larmes, le chagrin, je connaissais très bien ; si bien que j'en étais venu à en être terrifié. La douleur, la tristesse, c'étaient des choses dont j'avais peur. Parce que je savais comment ça faisait mal, et de voir que d'autres souffraient autant que moi, ça me rendait malade. Si seulement je pouvais être le seul à avoir été déchiré tant de fois dans ce monde, ce ne serait pas si mal ; mais il y en avait des centaines d'autres comme moi, qui n'avaient connu que peines et déceptions. Mon instinct animal me disait de m'enfuir, mais mes émotions humaines prenaient le dessus, cette fois. J'avais pitié de cette jeune fille. D'ailleurs, elle venait tout juste de m'apercevoir. D'une voix douce, elle me salua et se pencha vers moi. Ses yeux brillants de larmes étaient doux, presque tendres. Elle ignorait sans doute qui j'étais. À la minute où je deviendrais l'affreux concierge, l'abominable Homme des Neiges, le terrible Dawn Pace avec ses pantalons affreux et son regard meurtrier, elle me fuirait. Comme toutes les autres. Mais en attendant, si je pouvais lui donner un peu de réconfort ... Je savais que c'était dangereux d'approcher les autres, je me connaissais : si je tentais de la consoler, je m'attacherais à elle sans le vouloir, et bien vite il me deviendra indispensable de la protéger. Elle serait mise en danger à cause de moi ... et finirait par mourrir. Comme toutes les autres avant elle ...

    La douleur lancinante revint me déchirer la poitrine, car Joëlle faisait partie de ' toutes les autres ' ... Je combattis vaillament mon chagrin et me força à l'enfouir encore une fois, de peine et de misère. Je serai prudent. Et puis, cette jeune fille avait besoin de quelqu'un, alors il serait égoïste de lui refuser un peu de réconfort parce que j'avais peur de souffrir ... Juste une fois. Et ensuite, je l'oublierais. Elle redeviendrais une étrangère.

    Je m'approcha doucement de la jeune fille et remarqua un piercing dans son nez ; ce qui m'amena à la détailler un peu plus. Cheveux noirs en pointe coupés court, vêtements sombres ... Elle m'avait tout l'air d'une gothique. D'une fille malheureuse. Joëlle avait été gothique à une époque de sa vie ... Encore une fois, je fis taire ma douleur et me concentra sur ce visage. Ce n'était pas Joëlle, c'était une autre jeune fille, qui avait besoin de moi, juste pour une fois. Je la regarda de mes yeux noirs de carcajou et tendit le museau vers elle, agitant mes moustaches. Ce qui, en mon language, voulait dire ' Approche ... ' Il aurait été tellement plus simple de me transformer en homme. Mais elle s'en irait dès qu'elle verrait qui j'étais vraiment, c'était une certitude. Alors si je voulais avoir une chance de pouvoir l'aborder ...



Dernière édition par Dawn Pace le Mar 24 Fév - 2:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Lun 23 Fév - 20:54

Je regardais le petit animal face à moi, la tête légèrement penchée. Cette façon d’agir ne me ressemblait pas, non ce n’était pas moi, c’était une autre Abby, une triste et pleurnicharde pour un rien ... Je dois dire que j’ai un style vestimentaire qui ne correspond sûrement pas à la vraie moi, ce que je veux dire c’est je ne suis que très peu tourmentée, toujours joyeuse, prête à faire toutes les conneries du monde. Mais peut-être n’est-ce qu’une image ? Je suis triste au fond, sinon cette remarque de cet imbécile de prof de science envieux de me voir triste ne m’aurait pas touché. Je n’arrivais pas à réfléchir, la présence de l’animal ne me choquait pas, elle ne me faisait pas me poser de question. Pour moi, c’était naturel de voir des animaux maintenant, que ce soit un prof ou un élève, je m’en fichais bien, il semblait gentil et compréhensif, il me réconfortait simplement en me regardant et avec sa petite bouille (xD Délire de la fille sur le fait qu’elle trouve l’animal très mignon… Sa mignon-attitude la réconforte…). Je ne suis pas du genre à aimer la solitude, peut-être seulement quand je suis énervée ce qui est une chose rare, et je ne refuse pas de la compagnie dans mes moments de tristesse, qui sont comme mes moments de colères, affreusement rares. Non, ce comportement ne me ressemblait pas, pourquoi une phrase si idiote me ferait tant d’effet ? Cela fait bien longtemps que je n’y pensais plus…
D’un geste vif, j’essuyais mes larmes, en rigolant légèrement. Puis, un sourire très doux et léger apparut sur mes lèvres, plantant mon regard dans celui du carcajou, je m’asseyais en tailleur. J’avais fini les cours, mon prof du cours suivant étant absent. Ce qui était une bonne chose parce que sinon j’aurais séché, ne voulant pas aller en cours dans cet état. Passant une main dans mes cheveux noirs, je regardais autour de moi. Les lieux étaient déserts, le fait de voir un sceau d’eau ici ne m’interloquait pas, ne cherchant pas trop à réfléchir, tous les élèves étaient allés à leurs cours suivants, ou bien ils étaient allés s’amuser.

-
J’ai honte de pleurer devant un inconnu.

Essuyant pour la deuxième fois mes larmes qui avaient recommencé à couler, je rigolais légèrement. Un rire calme, un rire cristallin mais morose. Baissant un peu la tête, je continuais de regarder le petit animal, je finis même par tendre la main, attirée par la boule de poil. Oui, j’avais envie de le caresser, trouvant toujours du réconfort près d’un animal. Je me souvenais courir et plonger ma tête dans les crins du poney, à l’orphelinat, c’était tellement simple de pleurer à cette époque, et le poney savait me réconforter. Un petit hennissement, un coup de tête affectif, des choses simples et qu’il ne faisait que pour moi, pour ne plus que je pleure, pour m’entendre rire. Et puis, je ne savais pourquoi, mais j’avais toute confiance en l’animal, l’idée qu’il puisse me mordre ne me venait pas le moins du monde à l’esprit. C’est alors que je posais doucement la main sur sa tête, sentant le corps chaud de l’animal contre ma peau.
Seulement, je me relevais, secouant la tête, frottant mes yeux. Une fois debout, je cherchais mon sac des yeux, que j’avais lancé plus loin par énervement.

-
J’veu pas t’embêter…

Je posais alors sur lui un regard mélancolique, mais surtout un regard s’excusant. Oui il y a des gens avec qui on en profite, parce qu’ils sont gentils et compréhensifs, on leur pourri la vie en ayant besoin d’eux. Ils ne font qu’écouter les autres, les prendre dans leurs bras pour faire passer le chagrin, les écouter, il gaspille leur temps, éparpillant leur gentillesse. Nan, il ne fallait pas que j’en abuse. Peut-être avait-il autre chose à faire qu’à m’écouter pleurer, divulguer mon chagrin. Je ne voulais pas que l’on ait pitié de moi. Soufflant discrètement, je jetais un dernier regard, abandonnant la personne qui pouvait peut-être me réconforter pour aller m’enfermer dans ma chambre et pleurer seule.
Je lui tournais alors le dos et commençais à partir, mais juste avant de tourner au coin du couloir sombre et terriblement vide. Je tournais la tête, un sourire triste sur les lèvres.

-
C’est quoi ton nom ? Que je sache qui a été gentil avec moi…

Je finissais donc par faire un demi-tour, me disant qu’il n’allait pas me dire son nom me prenant pour une folle à faire des allers retours comme ça. Je m’accroupissais alors devant l’animal avec toujours ce même sourire mélancolique sur les lèvres.

-
A moins que tu veuilles me rester inconnu ?

(J'adore tes messages, ils sont trop biens, j'en suis loin ><)
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MessageSujet: Re: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Mar 24 Fév - 5:26

    [ Oh non pas du tout, tes textes sont supers, j'adore ce sujet <3 ]

    La jeune fille semblait déjà se calmer. Je ne savais pas si c'était ma présence qui arrivait à la réconforter, ou si elle arrivait à reprendre courage par elle-même, mais elle se ressaisissait peu à peu. Bientôt, le chagrin et la détresse laissèrent place à l'embarras, la gêne de s'être exposée si faible devant quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. En mon fort intérieur, je souris, car je comprenais ce comportement : j'étais comme ça, moi aussi. Pudique à exposer mes sentiments. Je m'y prenais toujours si mal, chaque fois que j'essayais, je me ridiculisais ... Alors à force, j'ai appris la leçon. Je posa un regard compatisant sur la jeune fille, qui essuyait déjà ses larmes en riant doucement. Ses yeux étaient secs, elle semblait avoir repris le contrôle d'elle-même. Elle était forte. Solide. Elle saurait se défendre lorsque la vie l'attaquerait. C'était une brave petite. Le genre d'enfant qu'on aimerait voir en tout le monde, plutôt que ces pauvres filles qui se taillaient les veines au moindre coup bas de la vie. Je ne savais pas ce qui avait causé le chagrin de cette jeune fille, peut-être n'était-ce rien du tout : mais elle allait mieux. Les carcajous ne pouvaient pas sourire, mais je crois que mes yeux transmirent le message ; j'étais soulagé de la voir aussi forte.

    C'est là que je me rendis compte que la jeune fille me regardait. Tout son visage était baigné de douceur, auréolé de gentillesse. Ses yeux surmontés de longs cils le fixaient avec une grande tendresse, et ce regard vint me chercher droit au coeur. Pour tant de raisons différentes, c'était confus, étrange ; d'une part parce qu'il me rappelait elle, et aussi parce que malgré cette promesse que je m'étais faite, cette promesse de ne plus jamais laisser personne mourrir par ma faute, j'avais besoin d'amour, juste d'un tout petit peu d'affection, et que ce regard plein d'étoiles était exactement ce dont j'avais besoin ... Mais je ne pouvais faillir à ma tâche. Ce serait de l'égoïsme pur et simple. Quiconque devenait trop proche de moi courrait un grave danger : et pour empêcher que le procéssus fatal de la création de liens ne s'enclenche, je devais éviter tout contact ... Je fis donc de mon mieux pour rester placide devant ce regard plein de douceur, bien que ça m'était très difficile. La jeune fille prononça quelques mots, me disant comment elle se sentais embarrassée de pleurer devant un inconnu ; je posa sur elle un regard compatissant. J'avais envie d'être un peu plus chaleureux, mais je ne le pouvais pas. Cependant, lorsque la jeune fille approcha sa main de moi, ma réaction fut immédiate : je me raidis d'un coup, mon poil se hérissa et je recula d'un bond pour éviter la caresse. Elle eut le temps de poser sa main sur ma tête avant que je ne me dérobe, et le contact de la main sur mon crâne me fit frissonner. Mais je repris vite le contrôle de moi-même, heureusement. Désolé, je jeta un regard d'excuse à la jeune fille, en espérant qu'elle comprenne ; puis je revint finalement à ses pieds, sur mes gardes cependant. J'espèrais ne pas l'avoir blessée, mais c'était pour son bien que je faisais cela. Même si personne ne pourrait jamais comprendre cela.

    L'adolescente se leva. Était-ce parce que je l'avais piquée ? Je m'en voulais déjà d'avoir été si brusque, mais c'était mieux ainsi. Pas pour moi, certes, mais pour elle si ... Tandis qu'elle s'éloignait pour reprendre son sac, je ne pus m'empêcher de poser sur elle un regard triste. Je ne voulais pas qu'elle s'en aille. Mais c'était le mieux pour elle. Ma compagnie n'était pas des meilleures, je le savais très bien. D'une voix mélancolique, elle me dit qu'elle ne voulait pas m'embêter : et elle posa à nouveau ses yeux sur moi. Je me sentis mal, je voulus lui dire qu'elle pouvait rester si elle le souhaitait. J'esquissa même un pas dans sa direction, mais je me ravisa. Incertains, j'agita les moustaches et posa mon regard sur elle, sans savoir qu'à l'intérieur se reflétait mon doute. Je ne savais plus qui écouter entre mes besoins et ma raison. C'était la première fois que je devais vraiment assister à cet affrontement, car depuis mon arrivée, personne ne m'avait parlé. C'était bien plus dur que ce que j'aurais cru, de rester froid et indifférent avec tout le monde ...

    Voyant que je ne disais rien et n'esquissais aucun geste pour la retenir, la jeune fille se retourna, son sac sur le dos, et commença lentement à s'éloigner. J'avais envie de me mettre à courrir à ses trousses, de la rappeler et de la garder avec moi tout l'après-midi, mais si je voulais respecter ma promesse, je ne pouvais pas faire ça. Alors, malheureux, je la regarda s'éloigner. Le combat se continuait toujours au creux de mon ventre, mais je savais qui gagnerait : la raison. J'allais perdre cette chance qui s'offrait à moi de retrouver le bonheur. Mais bon, ce devait être un loeur. Comme toutes les autres fois avant. Chaque fois que j'avais saisi ces " chances "dans le passé, je m'étais brûlé. On m'avait piégé à tous les coups. Alors pourquoi ce serait différent cette fois ?

    La jeune fille se retourna une dernière fois et, d'une voix triste, me demanda mon nom. Elle hésita, puis finit par revenir vers moi. Et zut ... Je pouvais bien lui offrir ça, non ? Lui montrer qui j'étais ? Oui, au moins je pouvais m'accorder cette petite faveur. De toute façon elle s'esquiverait dès qu'elle me verrait. J'enclencha donc le processus de transformation, et après quelques secondes, je me retrouva à nouveau sous ma véritable forme, dans ma camisole et mon jean, la peau collante de sueur et les cheveux sales plaqués contre mon crâne. Je la regarda, le visage indéchiffrable, guettant une réaction. Puis finalement, j'eus un petit sourire ( qui devait avoir l'air affreusement faux ) et me présenta :

    - Dawn Pace. Concierge de cette école.

    Je faisais de mon mieux pour avoir l'air froid et détaché. Je hôcha la tête et ajouta, sans grand enthousiasme :

    - Il me fait toujours plaisir de venir en aide aux demoiselles.

    Puis je ne dis plus rien. Voilà le moment où elle était supposée me remercier brièvement, tourner les talons et disparaître au tournant. Mais le ferait-elle ?
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MessageSujet: Re: Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]   Mar 24 Fév - 21:39

C’est difficile de s’éloigner des gens de soit comme ça l’ait de les approcher. Mais je n’y pense pas quand je vais vers les autres, non, je m’en fiche, j’y vais, je ne me pose pas de questions et je pense que soit les gens m’apprécient énormément, soit ils me détestent. J’ai un caractère plutôt simple à comprendre, je ne suis toujours en train de sourire, très rarement triste, pas du tout timide, mais j’ai un sacré caractère si l’on me prend la tête. Et je ne sais pourquoi, mais les gens difficiles, renfermées, disants, froids, m’attirent. Je ne peux m’empêcher de vouloir les voir sourire, rigoler, avoir confiance en quelqu’un. Enfin cela ne me distance par des gens qui sont comme moi, qui n’ont pas de mal à aborder les autres. Il n’y a que quand je suis vraiment énervée que je fuis les autres, et c’est seulement parce que je sais qu’un rien m’énervera (il suffit que la personne mette du temps à répondre qu’Abby s’impatientera et s’énervera encore plus xD), être énervé n’est pas bon pour moi. Ne contrôlant pas du tout mon double, la jument en profite pendant mes moments de colère, et ce n’est pas que je veux pas qu’elle prenne le contrôle, mais c’est qu’elle fait toujours plein de dégâts dû à son mauvais caractère… Et après, c’est moi qu’on dispute, il faut vraiment que j’aprenne à me contrôler, car ça ne me déplaît pas d’être un cheval, non au contraire, mais ça ne m’attire que des ennuis.
Etant accroupie, quand le carcajou se transforma en l’homme qu’il est réellement, je me retrouvais à lever les yeux bien hauts. Je me redressais d’un bon, sans le moindre geste de recul. Peut-être étais-je un peu surprise, mais j’aurais été surprise même si c’était un élève qui avait été là car je n’arrivais pas du tout à me faire une idée de la personne qui pouvais bien être en face de moi. Il était beaucoup plus grand que moi, une chose pas difficile à faire étant donné ma petite taille, mais là, c’était vraiment énorme. Mais ça me gênait, j’avais l’habitude maintenant et je m’en fichais, même cette situation me fit sourire.
Mon sac tomba de mes épaules, la lanière glissant le long de mon bras, je n’eus pas le réflexe de le rattraper, il tomba alors sur le sol, le regardant, l’air je m’en foutisme, je hochais les épaules. Tant pis, il en a vu d’autres et il en verra d’autres. Puis je relevais les yeux vers mon interlocuteur, il avait l’air terriblement distant, froid. Peut-être même je pouvais apercevoir de la tristesse. Son sourire, qui me parût bien faux, ne me dérangea pas, j’étais habitué à toutes sortes de sourire, j’aimais observer les gens, les détaillés, les découvrir grâce à leurs expressions du visage. Je souris alors, un petit sourire en coin, quoique plus joyeux qui tout à l’heure, il cachait maintenant la tristesse que je gardais au fond de moi.

-
Abby Reynolds, élève tout à fait normale que son prof de science déteste…

Pourquoi avais-je dis ça ? Parler du prof de science me rappela la phrase qu’il m’avait dite. Elle c’était un peu transformée depuis les quelques minutes qui c’étaient passées. « Tu n’as pas de famille… » Une réalité bien triste. Tournant la tête et me concentrant sur le seul casier du couloir peint en rose, je m’empêchais de recommencer à pleurer, surtout que cette fois, ce ne serait plus devant un animal mais un homme, ce qui n’est pas vraiment la même chose. Je tentais d’occuper mes pensées par n’importe quoi, le nombre de personne qui était passées devant le casier sans le voir, le nombre de personne qui était passées devant en le remarquant, à qui il appartenait… Mais cette phrase continuait de résonner dans ma tête.

-
Eh bien merci, tu… enfin… vous… m’avez remonter le moral, mais je suis désolée de vous avoir dérangé, non, ça ne se fait pas… Je suis passée pour une petite pleurnicharde… Et je ne le suis pas ! Enfin…

Je sentis une présence derrière et jetant un coup d’œil derrière moi, je vis mon professeur de science arriver. Il semblait bien content de me voir pour une fois, un sourire moqueur aux lèvres.

-
N’oubliez pas, Mademoiselle Reynolds ! Samedi après-midi, vous êtes collée.

Il regarda Dawn, ce demandant sûrement ce que je faisais là à parler avec lui. J’avais essuyé très rapidement mes yeux, qui s’étaient remplis de larmes, je ne voulais pas qu’il voit que ce qu’il m’avait dit m’avait affecter. Je le suivais des yeux traverser le couloir, le regard vide et provocateur, oui il ne me faisait pas peur, être collée ne me dérangeait pas. Il continua sa route en bougonnant : « Je vais vous apprendre à être ingrate avec un professeur tel que moi… ». Bien sûr, il ne s’attendait pas à ce que ce silence me permette de l’entendre. Oui dans un tel silence, même en murmurant, tout le monde aurait pu entendre. Sentant les larmes déjà remontées à mes yeux, je serais les poings et tournais le dos à Dawn pour donner un coup de pieds dans mon sac qui alla se cogner contre le bas d’un casier.

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Sale type ce gars !

Bien sûr, je parlais de mon prof...
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Je suis seul ? Ce n'est qu'une illusion ... [ Pv Abby ]

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